Alfonso ZARDI, Vice-Président du FERAM

Alfonso Zardi

De nationalité italienne, directeur au Conseil de l'Europe jusq'en juin dernier, Alfonso ZARDI avait été élu Vice-président du FERAM, à l'unanimité, dans le sillage du nouveau président, Bernard POIGNANT, avec deux autres vice-présidents : Oumou SALL-SECK et Chantal JOURDAN.

L'un des ateliers - préparatoires aux 1ères rencontres internatonales du FERAM du 30 novembre dernier à l'UNESCO - s'est tenu au Palais de l'Europe à Strasbourg => www.feram.org/page.asp?ref_arbo=2613&ref_page=16462

Reprise de l'interview publiée le 19 avril 2017. 

En charge de la gouvernance démocratique, Alfonso Zardi est né à Udine et a effectué ses études de droit à Trieste, Bruges (Collège d'Europe) et Strasbourg. Il a publié des articles et des etudes sur la gouvernance démocratique et la cooperation transfrontalière. Il est membre du comité d'évaluation de l'Ecole Nationale d'Administration (SNA) d'Italie et president du conseil scientifique de l'Institut de sociologie internationale de Gorizia (ISIG). Alfonso Zardi est au service du Conseil de l'Europe depuis 1979. Après ses débuts à la Direction des affaires sociales, il a occupé des fonctions au Cabinet des Secrétaires Généraux Oreja et Lalumière, effectué une longue mission à Venise, dirigé la Mission d'Etudes et Programmation et travaillé au secretariat du Comité des Ministres. Il dirigeait jusqu'en en juin dernier, le Service des Institutions et de la Gouvernance démocratiques à la Direction Générale de la Démocratie, à STRASBOURG. Alfonso ZARDI avait été élu le 24 février 2017, comme membre du Conseil d'Administration du FERAM dont il est le vice-président depuis janvier 2018. IAlfonso est depuis le printemps 2019, Délégué Général du mouvement Pax Christi.

- FERAM : Alfonso ZARDI, vous dirigez le service de la gouvernance et des institutions démocratiques du Conseil de l’Europe (lire plus bas). Pourriez-vous nous en dire plus tant sur l’objet que sur les missions de cette importante institution de la grande Europe.

- Alfonso ZARDI : Le Conseil de l’Europe est surtout connu pour être l’organisation qui protège et promeut les droits de l’homme à l’échelle du continent, notamment grâce à sa Cour européenne des droits de l’homme. Mais c’est aussi, et surtout, l’organisation qui veille sur le maintien et le renforcement des caractéristiques démocratiques de se Etats membres. A ce titre, le Conseil adopte des standards (conventions, recommandations, lignes directrices), donne des avis qualifiés en cas de réformes institutionnelles ou nouvelles lois, notamment en matière d’élections, et soutient activement les processus de réforme par des coopérations ciblées avec les Etats membres.

Dans le domaine des institutions et de la gouvernance démocratiques, je suis d’abord responsable de la coopération intergouvernementale, qui couvre l’éthique publique, les finances locales, la participation citoyenne, les relations entre niveaux de gouvernement (central, régional, local), et la coopération transfrontalière. Vient ensuite la coopération technique dans les mêmes domaines, qui nous permet de conseiller les Etats membres sur le contenu des lois et décisions administratives et matière de décentralisation, d’aider au renforcement des capacités des collectivités locales dans la gestion financière et en ressources humaines, par exemple, et de promouvoir plus généralement la « bonne gouvernance » au niveau local, et améliorant la transparence, la réactivité et la durabilité de l’action locale. Je suis enfin responsable des activités en matière d’assistance électorale, ce qui signifie aider à l’amélioration des processus électoraux (tenue des registres d’électeurs, rôle et fonctionnement des commissions électorales, organisation des scrutins, examen des réclamations) et garantir l’observation des élections par des équipes qualifiées indépendantes.

 

F : Cette mission peut-elle aussi concerner les Etats qui, hors Europe, cherchent à construire un démocratie adaptée à leurs  réalités historiques, culturelles ou géopolitiques ? Les études comparatives du Conseil de l’Europe, qui font référence, sont elles étendues à ces Etats ?

A.Z. : Notre action s’adresse en premier lieu aux Etats membres, qui sont au nombre de 47 aujourd’hui et incluent tant les Etats membres de l’Union européenne que presque autant d’Etats non membres. Nous veillons à faire travailler ensemble tous les Etats à l’élaboration de nouvelles normes ou standards – par exemple, la convention sur la participation à la vie des collectivités locales ou la recommandation sur le renforcement des capacités au niveau local – mais nous apportons une aide ciblée aux Etats qui nous la demandent, dans le cadre notamment des « plans d’action » approuvés par le Comité des Ministres ou d’accords bilatéraux conclus avec l’Union européenne. Sont concernés des Etats tels que l’Arménie, la Géorgie, le Bélarus, la Moldova, l’Ukraine, mais aussi, à divers degrés, l’Espagne (au niveau du Pays Basque), la Grèce, l’Albanie, Chypre…

Récemment, le Comité des Ministres a approuvé un programme de coopération avec certains pays de la rive sud de la Méditerranée et nous avons proposé nos outils et notre assistance à la Tunisie et au Maroc.

Il n’est donc pas impossible d’étendre notre action au-delà du cercle des Etats membres, mais nous le faisons dans le cadre d’accords de dialogue et coopération entérinés par le Comité des Ministres. Bien des outils que nous mettons à la disposition de nos partenaires sont publics et accessibles à tout le monde, encore faut-il savoir s’en servir à bon escient, ayant à l’esprit qu’il s’agit de renforcer la démocratie locale et la gouvernance. Cela suppose un engagement fort en ce sens de la part des pouvoirs publics, les gouvernements en premier lieu, et l’adhésion de la société civile, par le biais notamment des ONG et là où elles existent les associations des collectivités locales.

Nous avons effectué des études sur l’état de la démocratie locale et de la décentralisation dans de nombreux pays membres et aussi non membres (le Belarus, dans le cadre du Partenariat oriental soutenu financièrement par l’Union européenne, ou la Tunisie) et avons développé des concepts de bonne gouvernance qui peuvent être appliqués aussi aux Etats non membres. Je pense que toutes ces références pourraient être fort utiles aux pays non européens qui veulent moderniser leur gouvernance et leurs institutions, surtout au niveau local.

 

F : Auriez-vous des suggestions ou observations à l’attention des membres du réseau  FERAM ?

A.Z. : Le FERAM a l’avantage de rassembler en réseau des professionnels de nombreux Etats européens et non européens désireux de coopérer dans le renforcement des capacités locales, dans le signe d’une gouvernance responsable et de qualité. Les citoyens sont partout en droit d’attendre de leurs gouvernants – à l’échelle locale et nationale, du maire jusqu’au chef de l’Etat – qu’ils agissent en ayant à cœur uniquement le bien commun de leurs population, de façon éthique, transparente et responsable, en assumant leurs responsabilité et rendant des comptes sur leur exercice.

Une coopération pragmatique avec le Centre d’expertise pour la réforme de l’administration locale, qui est notre « agence » de promotion de la bonne gouvernance, est sans doute envisageable. Je serais heureux de m’en entretenir avec les responsables du FERAM, lors d’un passage à Paris. Les besoins sont énormes et le savoir-faire assez largement disponible. Il faut trouver des centres d’intérêt, des partenaires intéressés et des donateurs qui acceptent de soutenir cet effort. Je suis persuadé qu’on pourra y parvenir.

Propos recueillis par Pierrick Hamon

mars 2017

La Division de la bonne gouvernance

Le service des institutions et de la gouvernance démocratiques

Le Conseil de l’Europe

Qu’est ce que Conseil de l’Europe ?

Il s’agit d’une organisation qu'il Il ne faut pas confondre l’Union européenne. Le Conseil de l’Europe est une organisation intergouvernementale regroupant aujourd’hui 47 États membres dont les 28 États membres de l’UE. Il a été créé par le traité de Londres du 5 mai 1949, signé par 10 États (Belgique, Danemark, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède).

Le Conseil de l’Europe est une organisation des États attachés à la démocratie libérale et au pluralisme politique, dont les principaux objectifs sont :

            - de défendre les droits de l’homme et la prééminence du droit ;

            - de rechercher des solutions aux problèmes de société ;

            - de développer la stabilité démocratique en Europe ;

            - de favoriser la prise de conscience et la mise en valeur de l’identité culturelle de l’Europe et de sa diversité.

Le Conseil de l’Europe siège à Strasbourg au Palais de l’Europe. Il se compose :

            - d’un Comité des ministres rassemblant les ministres des Affaires étrangères des États membres ou de leurs représentants permanents. C’est l’instance de décision du Conseil ;

            - d’une Assemblée parlementaire dont les membres sont désignés par les parlements nationaux ;

            - d’un Secrétaire général, élu par l’Assemblée parlementaire pour cinq ans, qui coordonne les activités du Conseil

            - du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l’Europe, organe consultatif, représentant les collectivités locales.

 

Documents à consulter
  • A.Z.
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